dimanche 18 août 2013

Visite guidée du musée Mayakovsky

Certains d'entre vous se souviennent peut-être de ma première visite de ce musée... Nous y avions été en dilettantes, sans nous méfier... et en étions revenues frustrées, car ce musée est une sorte d'oeuvre globale qui présente l'univers de ce poète, affichiste, critique et artiste russe de l'avant-garde. 
Mais ce musée va fermer ses portes en automne pour restauration, et malheureusement personne ne sait si son concept sera maintenu. Du coup, on décide de lui donner une nouvelle chance et on prend nos précautions cette fois-ci, avec un guide et une interprète pour ne pas s'y perdre... 

Voici déjà le petit passage qui donne accès à la cour intérieure:  


et l'immense porte dans le style Le Corbusier, qui donne le ton et cache la façade de l'ancien immeuble communautaire où Mayakovsky avait sa petite chambre. 


 Voici le fameux "я", ou "je", qui est le titre d'un de ces plus célèbres recueils:


L'ensemble est donc conceptuel, comme la garde-robe ou la salle d'attente avec ses chaises bancale, signe d'un temps chamboulé:



L'immense pistolet au-dessus de l'escalier d'entre annonce déjà le suicide du poète:


Ensuite, des installations qui semblent complètement folles et anarchiques retracent les différents étapes de sa vie. Voilà son enfance dans le Caucase, dans une famille de peintres et d'artistes:



Voici notre guide, qui trouve naturellement sa place dans ce décor farfelu:


Après une jeunesse militante à l'époque trouble de la révolution, Mayakovsky s'inscrit aux beaux-arts, où il étudie les arts graphiques. Son symbole devient la girafe car il est très grand et mince... et que sa couleur préférée est le jaune, couleur de sa veste fétiche... 





Une seule pièce échappe à l'ambiance de l'ensemble: sa pièce de vie, qui a été préservée:


Adulte, il s'intéressera aux affiches politiques...


Puis il voyagera à travers le monde... voici l'Amérique:


et une installations de portraits de l'époque:


Mais l'arrivée au pouvoir de Staline annonce une période difficile pour cet idéaliste de la première heure. Il dénonce les dirigeants et la fausse route du gouvernement :




Ces textes lui vaudront de nombreuses interventions de la censure et  ses œuvres seront partiellement interdites. Son suicide serait dû à cette difficulté de trouver sa place dans ce nouveau monde... 



Ce qui est ironique, c'est que la plupart de ces textes critiques n'ont jamais été publiés à cette époque, mais la propagande se servira d'extraits de ses vers et écrits comme slogans ou textes pour les affiches politiques.




Ce n'est qu'avec la chute du régime dans les années 80, que le poète aura été redécouvert pour l'intégralité de son oeuvre et la complexité de sa personnalité... 


Espérons que le futur musée Mayakovsky restera à son image...