samedi 9 novembre 2013

Auchan

Comme cela fait un bail, Que Je ne vous ai pas mis de photos rigolotes, en voici 3 de nous courses d Hier:
Le rayon mayo en tube



Le rayon pneu hiver



 Et la pub pour la pack hiver....

mardi 1 octobre 2013

à la clinique d'accouchement

Cher public, 

Après presque 3 mois d’absence, me voici de retour sur mon clavier... Cet été, nous avons été bien occupé par l'arrivée de notre fils. Comme nous avons décidé de l'avoir en Russie, un post s'impose sur une spécificité locale: les cliniques d'accouchement. 

En effet, en Russie, les femmes enceintes sont suivies par les obstétriciens dans les hôpitaux ou centre médicaux privés jusqu'à la 36 ème semaine, puis elles passent dans des cliniques dites d'accouchement et sont prises en charge par un médecin "accoucheur". Alors que notre centre médical est totalement anglophone voire francophone, à la clinique, seul le médecin accoucheur et deux dames à l'administration parlent anglais. Le reste du personnel, dont les médecins en charge des ultrasons ou les sage-femmes, ne parlent que russes! Voici un endroit où mes cours de russes ont effectivement payés! 

Nous avons donc dû trouver notre chemin dans ce centre, ce qui n'a pas toujours été évident. La première série d'examen nous a pris 5 heures par exemple! Nous attendions sagement devant les différentes portes qu'on nous appelle à l'heure du rendez-vous, alors que les dames russes se précipitent sur les portes, toquent, entrent et donnent la petite facture. C'est ainsi que se constitue la liste d'attente. De même chez le médecin accoucheur! Il faut forcer la porte pour arriver à poser son petit papier, et non attendre poliment dans le hall! 

Cela dit, ils sont super performants au niveau du matériel: j'avais par exemple un système portatif de monitoring du cœur du bébé, que je pouvais faire chez moi et envoyer les résultats par internet ( ou par SMS!) à mon médecin tous les jours.  

Le jour J, tout commence aux urgences, c'est là que nous avons vu les premières différences locales. Déjà, l'accouchement est une affaire de femmes. Les messieurs déposent les dames et repartent. Il n'y a que mon mari qui est resté avec moi tout le temps. D'ailleurs le bébé n'a pas de nom tout au long de son séjour: il est enregistré au nom de la maman, et porte le numéro de la chambre de la maman! Il n'aura son nom officiel que lors de l'enregistrement en mairie 2 semaines après. Et le nom du papa n'apparaît nulle part, il sera mentionné de même lors de l'enregistrement en mairie. 

Voici le carton sur son petit lit: mon nom en russe et le numéro de son "box" à la maternité et mon numéro de chambre. 


Aux urgences, les sages-femmes jugent l'avancement du travail à la douleur exprimée par la maman. Cela est en contradiction totale avec ma culture et mon éducation! Alors que les dames russes pleurent à chaudes larmes et hurlent, j'essayais de prendre un peu de sommeil entre deux contractions, en prévision de la longue nuit à venir. Du coup, elles ont failli me renvoyer à la maison en argumentant que je n'avais pas assez mal!! Heureusement qu'il existe une appli sur le smartphone pour mesurer les contractions et leur prouver que c'était bien un travail régulier! 

Après une naissance pleine d'émotions, on nous remet un petit paquet: 

emmitouflé comme dans les vieux films! 

Puis, nous sommes transférés dans notre chambre. A l'étage, il y a l'aile des mamans et l'aile des bébés. Système à la russe: il y a des horaires pour tout! Notamment les couches! On change les couches à 10h, 16h et 20h. Bien sûr, nous n'avions pas compris et on s'est fait jeter alors que nous demandions un changement de couche à 15h! . Et le soir, on rend les bébés. Les sages-femmes les gardent toute la nuit, jusqu'à la tournée du pédiatre à 10h le lendemain. Ce système est bien pratique la première nuit, quand la maman se remet de la naissance, mais ensuite, c'est bien trop long!! on a donc insisté pour qu'elles m'apportent le bébé la nuit pour la tétée. "niet!" C'est toute la nuit ou rien! Mais grâce à nos efforts de communication, elles ont bien voulu me l'amener dès 6 h du matin, pour la première tétée du matin. Globalement, on a regretté le manque de communication des sages-femmes. Je ne sais pas si elles avaient peur de ne pas arriver à nous expliquer ou si c'est toujours comme ça. Les dames russes semblent laisser leurs bébés pour la toilette et les couches et ne les récupèrent qu'ensuite. Nous sommes toujours restés pour essayer d'apprendre à notre tour. Et nos efforts d'intégration ont payé car finalement, elles nous ont montré plein de gestes et d'astuces. 

Et la nourriture? c'est une question récurrente, alors en voici des exemples: 
un petit-déj: graines chaudes en céréales et omelette: 

le midi: encore omelette, poulet et soupe au poulet. 

c'est assez cyclique: graines, œufs et poulet à tous les repas et sous toutes les formes, matin, midi et soir! et ben, au bout de 3 jours, on s'y fait... 

Malgré des hauts et des bas avec les sages-femmes et certains moments de frustrations, elles ont pris bien soin de nous et c'est avec beaucoup d'émotion que nous quittons la clinique d'accouchement avec le plus beau de tous les bébés! 

dimanche 18 août 2013

Visite guidée du musée Mayakovsky

Certains d'entre vous se souviennent peut-être de ma première visite de ce musée... Nous y avions été en dilettantes, sans nous méfier... et en étions revenues frustrées, car ce musée est une sorte d'oeuvre globale qui présente l'univers de ce poète, affichiste, critique et artiste russe de l'avant-garde. 
Mais ce musée va fermer ses portes en automne pour restauration, et malheureusement personne ne sait si son concept sera maintenu. Du coup, on décide de lui donner une nouvelle chance et on prend nos précautions cette fois-ci, avec un guide et une interprète pour ne pas s'y perdre... 

Voici déjà le petit passage qui donne accès à la cour intérieure:  


et l'immense porte dans le style Le Corbusier, qui donne le ton et cache la façade de l'ancien immeuble communautaire où Mayakovsky avait sa petite chambre. 


 Voici le fameux "я", ou "je", qui est le titre d'un de ces plus célèbres recueils:


L'ensemble est donc conceptuel, comme la garde-robe ou la salle d'attente avec ses chaises bancale, signe d'un temps chamboulé:



L'immense pistolet au-dessus de l'escalier d'entre annonce déjà le suicide du poète:


Ensuite, des installations qui semblent complètement folles et anarchiques retracent les différents étapes de sa vie. Voilà son enfance dans le Caucase, dans une famille de peintres et d'artistes:



Voici notre guide, qui trouve naturellement sa place dans ce décor farfelu:


Après une jeunesse militante à l'époque trouble de la révolution, Mayakovsky s'inscrit aux beaux-arts, où il étudie les arts graphiques. Son symbole devient la girafe car il est très grand et mince... et que sa couleur préférée est le jaune, couleur de sa veste fétiche... 





Une seule pièce échappe à l'ambiance de l'ensemble: sa pièce de vie, qui a été préservée:


Adulte, il s'intéressera aux affiches politiques...


Puis il voyagera à travers le monde... voici l'Amérique:


et une installations de portraits de l'époque:


Mais l'arrivée au pouvoir de Staline annonce une période difficile pour cet idéaliste de la première heure. Il dénonce les dirigeants et la fausse route du gouvernement :




Ces textes lui vaudront de nombreuses interventions de la censure et  ses œuvres seront partiellement interdites. Son suicide serait dû à cette difficulté de trouver sa place dans ce nouveau monde... 



Ce qui est ironique, c'est que la plupart de ces textes critiques n'ont jamais été publiés à cette époque, mais la propagande se servira d'extraits de ses vers et écrits comme slogans ou textes pour les affiches politiques.




Ce n'est qu'avec la chute du régime dans les années 80, que le poète aura été redécouvert pour l'intégralité de son oeuvre et la complexité de sa personnalité... 


Espérons que le futur musée Mayakovsky restera à son image... 

jeudi 25 juillet 2013

Les ateliers du Bolshoï

Grâce à un groupe très actif d'américaines, nous avons pu visiter hier les ateliers du Bolshoï. Il s'agit de l'endroit historique où ont été confectionnés tous les costumes, chaussures, décors etc pour le grand théâtre de Moscou depuis 1905 environ. Bon, la façade n'en laisse rien paraître, bien que la guide nous explique longuement qu'il s'agit là d'un des rares exemples achevés du constructivisme.... 


C'est une visite exceptionnelle, car les ateliers sont en pleine relocalisation vers des grands hangars dans une zone industrielle de Moscou. Ils n'ont donc pas ouvert à la visite cette année, et ils fermeront les locaux en automne. Du coup, nous sommes un peu déçues, car comme pour tout déménagement, la majorité des choses sont déjà en cartons et l'ensemble est un peu vide.

Voici les costumes des dames:  


Et les fameux mannequins rembourrés à la taille et corpulence des actrices... En voici un pour une chanteuse d'opéra qui a du coffre!


Effectivement, les locaux et le matériel ne sont pas tout neuf...


Les costumes des messieurs: 





 Où un des messieurs nous fait une démonstration:



et on a le droit de les toucher, même de les essayer: 





Voici la grande fierté de l'atelier: l'ancienne presse, qui date du début du siècle mais dont on se sert encore pour imprimer les programmes. Celle-ci, malheureusement, sera remplacée à l'automne par une imprimante Xerox...





Puis, la partie la plus intéressante à mon avis de la visite: la fabrication des chaussons des danseuses. Le Bolshoï fournit lui-même les danseuses en chaussons de base. A elles ensuite de les personnaliser et de fixer les rubans. D'ailleurs le monsieur nous explique qu'une danseuse étoile use jusqu'à 4 paires par spectacle! 
Alors, voici l'atelier:   


Les chaussons retournés où sèchent les différentes couches de colle: 


L'assemblage avec la semelle:


Un exemple  de moule de chaussons, personnalisé pour les différentes danseuses de la maison ...


Et après, il faut fixer tout ça, et taper, taper, taper... Ce travail est bien plus physique que ce que je pensais!


 et hop, on retourne tout ça, et on retape:




On teste la pointe:


Et voilà le travail! Jolies, hein?